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Du Négationnisme à l'école ?

Les programmes scolaires réécrivent-ils l'Histoire pour coller à une ligne éditoriale politiquement convenue ?

 

Certes, toute l'Histoire ne peut pas être contenue dans un livre, il faut bien sûr la résumer et l'exercice est compliqué... mais dans l'exemple qui va suivre, il s'agit plutôt de réécrire l'Histoire et non de la résumer.


Voici une photo du livre scolaire de Terminale de ma fille (2021).

 

Un élément quasi insignifiant m'a interpellé :

dans la légende de cette carte de 1948 , il est écrit "annexion de la Cisjordanie par la Transjordanie".


Cette légende est tout simplement fausse !

 

Déjà, la Transjordanie devient la Jordanie en 1946, soit un deux ans avant cette carte !

Ensuite, jusqu'en 1949-1950, le territoire  désigné s'appelle historiquement et officiellement la Judée-Samarie. Si vous lisez la résolution 181 de l'ONU (celle du Plan de Partage), vous verrez que c'est bien les noms de Judée et de Samarie qui sont employés et non Cisjordanie.

 

C''est justement parce que la Jordanie (et non la Transjordanie) envahit, colonise et annexe la Judée-Samarie qu'elle la rebaptise Cisjordanie.

 

Pourquoi une telle erreur ? Est-ce vraiment une erreur ?

Déjà, la "Jordanie" a été remplacée par la "Transjordanie", cela ne change pas grand chose sur la compréhension globale mais "dédouane" la Jordanie puisque les faits ce seraient passés avant sa création... ce qui est faux !

 

En revanche, écrire "Cisjordanie" (un an avant son invention par la Jordanie) et ainsi effacer de l'histoire la "Judée-Samarie" permet d'éviter certaines questions de nos élèves candides à leur enseignant :

 

"Monsieur l'enseignant, dit l'élève candide :

  • Qui vivaient en Judée ?
    Réponse : des judéens bien sûr... autrement dit, des juifs !

  • Qui vivaient en (Trans)Jordanie ?
    Réponse ? : des arabes bien sûr !

  • Mais si la Jordanie a envahit la Judée, ce sont donc bien les arabes qui ont envahi les juifs ?
    Réponse :  eh oui effectivement... c'est pas faux !

  • Et que sont devenus les judéens (les juifs) après l'annexion ? 
    Réponse : ils ont été expulsés !

  • Et ces judéens expulsés ne sont-ils pas des réfugiés ?
    Réponse : Euh... c'est compliqué...

  • Les judéens expulsés et réfugiés n'ont pas droit au retour ?
    Réponse : Euh... c'est compliqué...

  • Et donc, comment ces judéens peuvent-ils être des colons en Judée rebaptisée Cisjordanie ? "
    Réponse : Euh... c'est compliqué...

Oui, pauvres enseignants... beaucoup de questions gênantes qui entravent le narratif en vigueur !

Le plus simple est d'effacer les traces d'une Judée-Samarie qui risquerait de brouiller le narratif de la bien-pensance.

 

Mais lorsqu'on efface la Judée-Samarie des livres d'histoires (et de l'Histoire), cela revient à nier l'Histoire, c'est une négation de l'Histoire, d'où le terme "négationnisme" employé précédemment.

 

Les mensonges, omissions ou partis pris ne s'arrêtent pas là...

 

Dans le chapeau du chapitre, on lit ceci :

 

"L'ONU propose un plan de partage entre populations juives et arabes. La guerre civile éclate immédiatement entre ces deux populations.  Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame l'indépendance de l'état d’Israël."

Autrement dit, à aucun moment, ni dans le chapeau, ni ailleurs, on ne précise que les juifs ont accepté le partage, que les arabes l'ont refusé et que les pays arabes ont déclaré la guerre à Israël

 

Une erreur ? Une omission ? Un choix éditorial ?

Enfin,  sur deux pages ultra-résumées consacrées au conflit, les éditeurs trouvent quand même le moyen de glisser le poème d'un palestinien : Mahmoud Darwich, poète, journaliste, écrivain... futur membre de l'OLP. !

 

Clairement, ce poème décrit la douleur des victimes palestiniennes arrachées à leurs terres, à celles de leurs parents.

 

Le choix de ce poème et de ce poète n'est pas neutre. Il indique un parti pris d'autant qu'il n'y a pas de pendant israélien pouvant montrer un semblant de neutralité des auteurs.


En préambule de ce poème, les auteurs du livre scolaire écrivent :

"Poète palestinien, Mahmoud Darwich devient célèbre avec ces vers évoquant le départ forcé des palestiniens en 48-49".

 

Ce poème a été écrit en 1964... seulement voilà :

  • En 1947, il y a des juifs de Palestine et des arabes de Palestine mais il n'y a pas de peuple arabe qui se revendique "peuple palestinien" et il n'y a pas d'état palestinien.
  • Le départ forcé reste à prouver... le Mufti de Jérusalem et la Ligue Arabe ont demandé aux arabes de Palestine de partir en attendant d'exterminer les juifs et de les "jeter à la mer". Beaucoup ont donc fait le choix de partir sans être forcés par les juifs. Les arabes de Palestine qui ont choisi de ne pas partir sont aujourd'hui des arabes israéliens qui ont les mêmes droits que tout citoyen israélien.
  • Ce poème est écrit en 1964, année de la création de l'OLP qui donne naissance à ce peuple palestinien qui jusque là revendiquait une appartenance à la nation arabe et non à une nation palestinienne. Par ailleurs, en 1964, l'OLP ne revendique ni la Cisjordanie, ni Gaza, ni Jérusalem-Est (article 24 de la charte de l'OLP). En revanche, ils revendiquent tout ce qui est israélien.
    Donc ce poème de 1964, portant un regard sur la situation de 1948. et lu par des élèves de 2021 sans avoir de regard israélien est une vue biaisée et révisée de la réalité.

Ainsi, dans un livre scolaire de terminale, le conflit résumé en 2 ou 3 pages comporte :

  • Un mensonge factuel avec la légende de la carte
  • Un mensonge par omission avec le chapeau du chapitre
  • Une histoire revisitée par le poème d'un militant (futur) membre de l'OLP de 1964 qui joue sur l'émotionnel et non sur des faits historiques ou juridiques.

J'avais l'habitude de demander à ma fille, avant un examen, si elle avait révisé mais c'est finalement l’Éducation Nationale qui révise elle-même l'Histoire pour mieux façonner les esprits d'élèves candides, future élite et futurs enseignants.

 

MERCI l’Éducation Nationale !